1.  Un service d’aide individualisée assuré par un « cyberprof »

 

 

Le projet « cyberdevoir » du Lycée Charles de Gaulle prévoyait d’affecter un professeur de mathématiques et un professeur de français pour assurer une aide aux devoirs par Internet, via le site du Lycée nommé « Cyber Lycée ».

Cette idée a naturellement engendré celle de « cyberprof »…

Le projet initial

 

 

1.1. L’idée de base du service d’aide « cyberdevoir » (mon approche du projet)

 

Le dispositif est basé sur l’idée d’une relation entre enseignant, élève et cyberprof qui soit de nature à compléter et à consolider le dispositif traditionnel. Le schéma ci-dessous traduit cette complémentarité entre le travail pédagogique propre à l’enseignant et l’assistance du cyberprof :

 

 

Les flèches en trait plein représentent ce qui est transmis à l’élève :

savoirs, méthodes, recommandations, approches personnalisées,…

 

Les flèches en trait pointillé représentent ce qui est « retourné » par l’élève :

acquisitions, non acquisitions, questions, besoins,…

 

Le système éducatif actuel laisse peu d’espace pour l’expression des « retours » de l’élève (effectifs importants ; échec scolaire croissant ; diminution du nombre d’heures de cours, notamment en mathématiques…). C’est d’ailleurs un problème pour l’enseignant : pour mesurer vraiment l’impact de sa pédagogie, il ne dispose que des résultats ponctuels des contrôles auxquels il soumet régulièrement ses élèves. En tant qu’enseignante de mathématiques, je me suis vue tester de plus en plus fréquemment les élèves par des « évaluations intermédiaires » de 10 minutes afin d’éviter de constater les défaillances uniquement au contrôle qui ponctue chaque séquence d’enseignement. Ceci a souvent fait de moi une prof stressée par le calendrier car « temps des tests en classe + temps des corrections en classe + temps des reprises pédagogiques avérées nécessaires = beaucoup de retard pris dans la progression ! ».

 

Dans un éditorial intitulé « Courriels dans l'éducation », Serge Pouts-Lajus fait justement remarquer :

 

« […] On oppose souvent l'enseignement à distance et l'enseignement scolaire traditionnel pour lequel il a fallu créer l'adjectif présentiel. On pourrait penser : l'échange par Internet entre professeur et élève est utile pour l'enseignement à distance mais il ne l'est pas pour l'enseignement présentiel. Ce serait oublier qu'aucune forme d'enseignement n'est intégralement présentielle. Dans l'enseignement secondaire, élèves et professeurs ne se rencontrent qu'à l'occasion des cours : entre 1 et 5 heures par semaine suivant les disciplines. En dehors de ces courtes périodes, qui ne sont d'ailleurs guère favorables à l'échange individualisé, l'élève et le professeur n'ont pas de possibilité simple de communiquer entre eux. […] »

Lire l’article intégral

 

Dans ce contexte, ma conception du fonctionnement d’un service d’aide aux devoirs assuré par un enseignant à distance (« cyberprof ») ne pouvait s’orienter que vers un service incluant un lien avec l’enseignant présent devant les élèves, selon le schéma présenté plus haut.

 

L’intérêt du dispositif proposé, visualisable par les flèches sur le schéma, est de favoriser un meilleur « retour » du travail pédagogique dispensé en classe.

 

Concrètement :

 

:     le « cyberprof » peut prendre le relais de l’enseignant entre les cours, le soir et même pendant les vacances scolaires pour répondre aux besoins des élèves. Ce prolongement du travail de l’enseignant en dehors des cours devrait conduire à améliorer la performance des élèves.

 

:     la prise en charge par le cyberprof d’une partie du travail de soutien ou de consolidation permet de libérer du temps en classe pour améliorer la qualité des cours sans retarder la progression.

 

:     la publication sur le site des questions formulées par les élèves fournit un observatoire utile à la recherche pédagogique des enseignants ainsi qu’une ressource immédiatement disponible pour les élèves (Foire Aux Questions).

 

Première présentation du projet aux enseignants

Etude statistique réalisée en octobre novembre 2002

 

1.2. Les conditions de fonctionnement du service « cyberdevoir »

 

L’adhésion des enseignants des disciplines concernées est importante pour un fonctionnement crédible du service :

 

ü      Avec l’aval de leurs enseignants, les élèves auront la garantie d’une cohérence et pourront avoir recours au « cyberprof » avec plus de confiance. Si un lien est possible avec le travail fait en classe, l’aide apportée pourra être adaptée à l’approche choisie par l’enseignant direct.

 

ü      On peut comparer l’intervention du « cyberprof » au rôle joué par le « prof de soutien » dans les divers dispositifs d’aide en Mathématiques mis en place dans les Collèges pour les élèves de 6ème: les interventions du « prof de soutien », en demi groupes de travaux dirigés ou en petits groupes d’élèves en difficultés, sont naturellement reliées à la progression des élèves grâce à une concertation régulière avec l’enseignant de la classe.

 

ü      La coordination entre « prof » et « cyberprof » doit être la plus efficace et la plus simple possible afin d’apporter une aide aux enseignants et aux élèves sans leur créer de travail supplémentaire. L’objectif, à terme, est de faire gagner du temps aux élèves et aux enseignants.

 

ü      Le « cyberprof » doit être admis par les enseignants comme un assistant à distance, tout comme un « prof de soutien » est admis dans l’équipe pédagogique lorsqu’il travaille sur place.

 

L’important est que la communication soit possible afin que le cyberprof ne soit pas coupé du Lycée et des objectifs des équipes pédagogiques.

 

Informations et propositions communiquées aux enseignants

 

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