Temps parental dans le cas d’un enfant handicapé

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Les parents passent 2,5 fois plus de temps à s’occuper d’un enfant handicapé que d’un enfant valide

 

Lyon, le 6 novembre 2003. 6 heures 25, c’est le temps consacré chaque jour à un enfant handicapé par ses parents, contre 2 heures 36 pour un enfant valide. Cette information est extraite de la 7e enquête nationale d’opinion auprès des familles en situation de handicap, initiée par Handicap International, avec le soutien de l’Apajh (Association pour adultes et jeunes handicapés), de l’Institut Chronopost et des responsables d’associations et d’établissements qui diffusent les questionnaires auprès des familles. En voici les résultats clés :

 

TEMPS PARENTAL : 78% des familles interrogées constatent une augmentation significative du temps parental, du fait du handicap, au détriment du temps domestique et du temps des loisirs familiaux et individuels (84% pour les mères et les tutrices). 83% des familles interrogées constatent une modification de ce temps parental au service presque exclusif de l’enfant différent (64% des familles déclarant passer moins de temps avec leurs enfants valides).

 

TEMPS DOMESTIQUE : 64% constatent une augmentation significative du temps domestique, essentiellement les mères et les tutrices (temps passé à la maison plus important, pour les courses spécialisées et spécifiques au handicap, la préparation de repas particuliers, etc.).

 

TEMPS PROFESSIONNEL : 44% des mères interrogées ont réduit leur temps professionnel (contre 21% des pères), en raison du handicap de leur enfant, et 20% d’entre elles ont cessé toute activité alors qu’elles étaient salariées au moment de l’annonce du handicap (contre 5% des pères).

 

TEMPS DE LOISIRS : 71% des familles affirment que leur temps de loisirs personnels a diminué et beaucoup diminué (pour 52%), ce qui va à l’encontre de ce qui est affirmé pour les familles d’enfants valides.

 

REDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL : le temps libéré par la RTT l’est au profit de l’enfant handicapé ou de la famille. Les mères privilégient les activités domestiques et familiales traditionnelles ; les pères en profitent pour se reposer, pratiquer une activité sportive ou encore travailler. Ce temps libéré permet toutefois à ces familles de mieux s’organiser et vraisemblablement de vivre moins mal.

 

 

* enquête réalisée par l’Institut Louis Harris pour Handicap International, en juin et juillet 2003, auprès de familles réparties sur l’ensemble de la France métropolitaine.

 

 

Insatisfaction et inquiétude en hausse pour les familles d’enfants handicapés

 

L’enquête comporte un baromètre de 25 questions soumises à l’identique chaque année. Malgré les déclarations présidentielles de 2002, malgré une année 2003 placée sous le signe européen du handicap, malgré la déclaration du handicap comme « grande cause nationale », l’insatisfaction des familles est en hausse. Cela ne reflète pas nécessairement une dégradation de leur situation au sein de la société française, mais plutôt une plus grande prise de conscience de la différence de traitement entre personnes handicapées et personnes valides.

 

INTEGRATION ▼ : 12% des familles seulement estiment être bien intégrées (contre 29 % en 1997). Les familles sont globalement de plus en plus sévères sur le regard porté par le grand public sur elles et leurs enfants.

 

ACTION DES POUVOIRS PUBLICS ▲ : 91% des familles estiment que les pouvoirs publics ne s’intéressent pas suffisamment à elles (contre 94 % en 2002). Ce sentiment est à mettre en regard de la difficulté de ces pouvoirs publics de s’adapter aux demandes émergentes des familles et à leurs exigences nouvelles d’intégration scolaire et professionnelle pleine et entière.

 

EPARGNE ▲ : 75% des parents constituent des ressources supplémentaires pour leur enfant handicapé (contre 50% en 1997). Le vieillissement des personnes handicapées est aujourd’hui une réalité que les familles anticipent de plus en plus tôt. L’absence de plan national renforce les inégalités sociales et fragilise sur le long terme des familles déjà en situation d’exclusion.

 

ARGENT ► : 44% des familles rencontrent des problèmes financiers dus au handicap (idem en 2002).

 

ANNONCE DU HANDICAP ► : 59% d’entre elles affirment que l’annonce du handicap de leur enfant a été mal faite (idem en 2002).

 

 

Les résultats complets de l’enquête sont disponibles sur simple demande. 

Contacts presse :  

Maud Saheb, Sylvain Ogier - Handicap International

Tél. : 01 43 14 87 02 - servicepresse@handicap-international.org

 

Alain Goric’h - Apajh

Tél. : 01 48 07 55 81 - communication@apajh.asso.fr

 

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