Présentation

 

Pourquoi et dans quelles circonstances me suis-je investie dans ce projet alors que rien ne m’y préparait ?

 

Diplômée Ingénieur INSA en physique des matériaux, j’ai choisi de m’orienter vers l’enseignement après un CAPES de mathématiques.

J’ai débuté mon exercice à plein temps en lycée d’enseignement général puis en lycée polyvalent, à Bourges. Après une troisième affectation, je pensais avoir trouvé un bon lieu d’ancrage pour ma « carrière » au lycée Champollion de Figeac…

 

Or, c’est au cours de ma troisième année dans ce lycée, que ma vie a soudain pris un tournant inattendu :

 

 

13 mars 1994 : naissance de Juliette, enfant prématurée et trisomique

 

Cet enfant très fragile nécessitant beaucoup de soins (1 mois et demi en soins intensifs au service de Néonatologie de l’hôpital Purpan de Toulouse ; alimentation sous oxygénation poursuivie ensuite à domicile), j’ai dû demander en urgence une mutation au plus près de Toulouse, afin de me rapprocher des structures médicales appropriées.

 

A partir de septembre 1994, j’ai commencé à travailler à mi-temps au collège de Ramonville-Saint-Agne, organisant mon temps entre mon travail d’enseignante et celui, nouveau, de parent d’un enfant « différent ».

 

Je ne détaillerai pas ici les innombrables difficultés liées à ce que l’on nomme en France « le parcours du combattant » et qui résulte d’un système basé depuis trop longtemps sur l’exclusion sociale de la différence, système également responsable du retard considérable de la France dans la connaissance de la Trisomie ou de l’Autisme. Aujourd’hui, tout cela est publiquement dénoncé.

 

Juliette n’a commencé à marcher qu’à l’âge de 5 ans. C’est à cette époque aussi que sont apparus progressivement des signes de plus en plus caractérisés d’un syndrome autistique.

 

Septembre 2001 : Après 3 années à temps partiel dans une école maternelle Montessori, Juliette, à 7 ans ½, entame sa première expérience d’intégration(1) dans une école maternelle publique, en petite section, à mi-temps, accompagnée par une « Auxiliaire de Vie Scolaire ».

 

21 septembre 2001 : explosion de l’usine AZF…

 

Notre logement fut dévasté, fenêtres explosées, plafond effondré,... et rendu inhabitable durant 4 mois. Nos deux enfants ont également subi le séisme à l’école maternelle, heureusement sans blessures corporelles (après la détonation, toutes les vitres ont implosé à l’intérieur des bâtiments alors que, par chance, tous les enfants étaient dans la cour). L’école n’a pu accueillir à nouveau les enfants qu’après deux semaines de travaux de première nécessité, organisés avec l’implication des parents d’élèves.

 

En 4 mois, nous avons dû changer 3 fois d’hébergement provisoire et gérer tant bien que mal cette situation avec une multiplication de déplacements pénibles et nos deux enfants fragilisés. Dans ce contexte, j’ai dû interrompre mon travail et avoir recours à un soutien psychologique qui m’a permis d’analyser cette situation avec lucidité et sans « dramatiser ».

 

 

Avant ce séisme du 21 septembre, gérer mon activité à mi-temps au Collège, tout en prenant en charge tous les gestes quotidiens nécessaires à un enfant de 8 ans ayant l’autonomie d’un enfant de 2 ans, plus son accompagnement éducatif, thérapeutique et médical, cela sans négliger mon deuxième enfant en bas âge, m’avait habituée à organiser mes journées avec un temps de repos de plus en plus réduit. Quand on connaît l’aspect épuisant de l’enseignement en collège aujourd’hui, on peut imaginer la fatigue, parfois même le désespoir, que j’ai souvent éprouvés.

 

Dans ce contexte, la rupture créée par le sinistre de l’AZF m’a fortement ébranlée et fait prendre conscience de l’extrême fragilité de ma situation avec une enfant dépendante dont l’avenir d’adulte est totalement conditionné par nos choix et notre investissement de parents.

 

Temps parental dans le cas d’un enfant handicapé

 

 

Avril 2002 : Suite à des examens biologiques alarmants, Juliette est soumise une endoscopie de l’intestin grêle. Le diagnostic tombe : « maladie coeliaque » (intolérance au gluten provoquant la destruction des parois de l’intestin grêle). Soumise à un régime strict à vie (exclusion de tout produit alimentaire pouvant contenir, même à l’état de trace, des protéines de blé, d’orge, de seigle ou d’avoine), Juliette doit être retirée de la cantine scolaire. Son alimentation doit être adaptée et contrôlée avec soin, impliquant à la fois une information rigoureuse de tous les intervenants, un accompagnement dans tous les lieux où l’enfant pourrait avoir accès à des produits alimentaires et un temps parental supplémentaire consacré à la confection de tous les repas.

 

La situation devenant de plus en plus complexe, j’ai entrepris des démarches auprès du Rectorat pour rechercher un poste adapté afin de pouvoir assumer la présence parentale due au double handicap mental de ma fille et compte tenu de sa pathologie intestinale grave(2).

 

La seule possibilité qui m’ait été présentée concrètement était un poste d’aide aux devoirs en mathématiques par Internet, offre que j’avais écartée au premier abord car à l’époque, je n’utilisais pas encore Internet, ni le courrier électronique…

 

Aucun autre poste adapté n’a pu m’être proposé :

 

-          soit pour des questions de demande trop tardive (un dossier aurait dû être transmis bien avant, à une période où j’aurais été bien incapable de me lancer dans des démarches administratives et où la situation, en particulier en ce qui concerne mon enfant handicapée, n’était pas encore bien précisée)

 

-          soit pour la simple raison que ma demande de poursuivre une activité en prenant en compte la présence d’un enfant handicapé à charge ne rentrait pas dans le cadre habituel des possibilités (en revanche, je n’aurais eu aucune difficulté à bénéficier d’un salaire à plein temps en demandant un « congé de longue maladie » à l’aide d’un certificat médical de complaisance m’enfermant dans une logique d’incapacité professionnelle…).

 

Au mois de juin, n’ayant toujours pas de solution professionnelle, j’ai finalement redemandé à la DRH du Rectorat si ce poste de « prof de math par Internet » était encore disponible… Il l’était !

 

J’ignorais alors que tout était encore à faire au niveau de la pratique et que le « cyberdevoir » en était seulement au stade d’un projet ambitieux…

 

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(1) Cette intégration à mi-temps ne sera renouvelée qu’une fois en raison de la « barrière d’âge ». Si l’accueil des institutrices, des enfants et des personnels ATSEM furent profitables à la fois pour Juliette et pour l’ensemble de la communauté éducative, il fut hélas à déplorer que les commissions de circonscription se montrèrent toujours réticentes, au point d’ « empêcher » l’Auxiliaire de Vie Scolaire de mettre en pratique la méthode de communication PECS pour laquelle elle avait spécialement effectué un stage de formation à nos frais. Nous avons mis en place cette méthode de communication avec l’orthophoniste, suite à l’avis du Dr Rogé, responsable du service médico-psychologique de l’Hôpital la Grave, consultée pour une évaluation des besoins spécifiques de Juliette.

 

(2) Il s’avérera par la suite que cette pathologie est en lien direct avec le trouble autistique, d’origine métabolique et caractérisé par une « perméabilité » de l’intestin grêle qui ne joue plus son rôle de « barrière ». Juliette est aujourd’hui soumise à un régime alimentaire dit « hypotoxique », destiné à limiter l’intoxication du sang par tous les produits non métabolisés : gluten, protéine de lait, pesticides, métaux …etc ; Ce régime a eu des effets remarquables à la fois sur son comportement digestif (redevenu normal après 8 ans d'une alternance de fortes constipations et de diarrhées persistantes) et sur sa capacité de communication, son attitude, son regard, son activité. Elle semble avoir repris le cours de l'évolution qu'elle avait abandonné progressivement vers l'âge de 4 ans: reprise de ses jeux, de ses livres, de gestes enfantins typiques de la "période des 3 ans"… Le respect de ce régime est extrêmement délicat et exige un suivi permanent afin de déterminer les produits non tolérés.

Pour plus d’information :

http://www.autisme-suisse.ch/  => Chronique scientifique / Maladies auto-immunes et maladie cœliaque

http://www.chez.com/sgscdiet/ => Les Recherches => Autisme et SGSC ; Pathologies connexes

http://www.autisme.net/

http://www.autisme-suisse.ch/  => Thérapies

http://www.autisme.qc.ca/comprendre/docViewing.php?section=comprendre&noCat=5&noDoc=81

http://www.autisme-montreal.com/congres/con_autisme.html => Autisme 2003 => Paul Shattock; Dr Jerry Kartzinel; Dr Lonsdale

http://www.autisme.net/DAN_98b.html

http://autisme.france.free.fr/